Etude
Restitution de l’étude "dispositif_Op campagne agricole"
"Contribution des OP nigériennes pour la mise en place d’un cadre de partenariat sur le suivi de la campagne Agro-sylvo-pastorale et la prévention des crises alimentaires".
Idrissa Moumouni, 26 avril 2010
La Plate Forme Paysanne, avec l’appui de la coopération suisse a réalisé une étude qui sera restituée le 30 avril 2010 dans la salle de réunion de la maison des jeunes Djado Sekou à partir de 09 h 00. Le thème de l’étude porte sur "Contribution des OP nigériennes pour la mise en place d’un cadre de partenariat sur le suivi de la campagne Agro-sylvo-pastorale et la prévention des crises alimentaires".
Il faut rappeler que le Niger tire l’essentiel de ses ressources vivrières du secteur rural. De ce fait l’agriculture est constamment au cœur des préoccupations des populations et des autorités nationales. Cependant, les aléas climatiques, les attaques des ravageurs, l’insuffisance d’intrants et de la faible technicité des producteurs font que la quantité et la qualité des productions agricoles au Niger sont très variables d’une année à l’autre. Le risque de crises alimentaires est alors récurrent. Face à cette situation, les gouvernements qui se sont succédés au Niger ont, tour à tour exploré différentes pistes de réductions de risque et de maitrise du phénomène de crise alimentaire répétitive. Il s’agit de la stratégie de redistribution d’aide alimentaire aux populations, le stockage de vivres de sécurité, vente des céréales à prix modérés, prévisions pluviométriques et des attaques parasitaires, suivi des cultures. Pour être fiables et rendre le service fondamental aux populations toutes ces stratégies nécessitent un système d’information fiable permettant aux différents acteurs d’être informés et d’anticiper le risque d’insécurité alimentaire. Les dispositifs mis en place par l’Étal souffrent de quelques insuffisances et ne prennent pas en compte certains aspects intéressants aux yeux de certains acteurs.
De ce fait plusieurs structures de la société civile (Organisations Paysannes, Organisations Non Gouvernementales, Projets… etc.) ont instauré des systèmes de collectes de données adaptés à leurs besoins spécifiques. Ces approches morcelées ne garantissent malheureusement pas la fiabilité des informations globales quant au ciblage des zones à risque et de la grande majorité des producteurs. Les dispositifs d’informations officiels mis en place par le Niger sont :
Le Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises Alimentaires (DNPGCA) chargé de collecter, de traiter et gérer les informations sur la situation alimentaire et nutritionnelle de la population ;
La Direction de Statistique agricole du Ministère de Développement Agricole chargé de collecter, traiter et diffuser les données sur la campagne agricole. A ces dispositifs viennent s’ajouter d’autres mis en place par des organisations de la société civile parmi lesquels ceux des organisations paysannes dont les plus rependus sont :
Le Système Communautaire d’Alerte Précoce de l’Association pour la Redynamisation de l’Élevage au Niger (AREN) ;
Le Système Communautaire d’Alerte Précoce de la Fédération des Unions des Groupements Paysans du Niger (FUGPN-Mooriben).
Malheureusement, le manque d’harmonisation et d’échanges entre les différentes structures fait que la qualité et la fiabilité d’informations souffrent de quelques insuffisances et ne permettent pas aux différents acteurs d’apporter les réponses adéquates aux urgences. Pour faire face à ces insuffisances, le gouvernement du Niger avec l’appui de l’Union Européenne expérimente une action pour contribuer à améliorer les systèmes d’informations sur la sécurité alimentaire et l’alerte précoce au Niger.
Dans le même cadre, la Plate Forme Paysanne du Niger (PFPN), a initié la présente étude. En effet, la PFPN est un cadre organisé de réflexion, de concertation et d’action qui regroupe les Organisations Paysannes. Elle attache un intérêt particulier à la mise en place d’un système d’information fiable et opérationnel afin d’informer l’ensemble des paysans nigériens de la situation des campagnes agro-sylvo-pastorales et de prévoir et juguler les crises alimentaires futures. C’est pourquoi, la PFPN souhaite voir la mise en place d’une approche susceptible de fournir aux acteurs ruraux des informations fiables permettant de mettre en évidence leurs capacités réelles de production et de gestion de risque d’insécurité alimentaire.
Cette volonté manifeste de la PFPN cadre parfaitement avec le document de stratégie nationale de la réduction de la pauvreté du Niger (SRP, 2002) et celui plus récent de développement accéléré et de réduction de la pauvreté (SDARP, 2008-2012). Elle renforce notamment le programme 9 de la DARP qui vise la « Réduction de la vulnérabilité des ménages » et une « amélioration durable de la sécurité alimentaire et la prévention et l’atténuation des crises alimentaires ». En fin, la Plate Forme Paysanne adhère aux objectifs du programme d’aide de l’Union Européenne au Gouvernement du Niger pour la période 2008-2012 et en particulier l’objectif visant au renforcement du dispositif national de prévention et de gestion des crises alimentaires et des systèmes d’information sur la sécurité alimentaire.
Le présent document est le résultat d’un travail de recherche et de concertation. Il se propose de définir un ensemble d’orientations qui permettront d’envisager la mise en place d’un cadre de partenariat sur le suivi de la campagne agro-sylvo-pastorale et la prévention des crises alimentaires qui pourra répondre aux préoccupations de l’ensemble des acteurs à tous les niveaux (local, communal, départemental, régional et national).